Tribune de Renaud Camus

« Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que seule rend possible la grande déculturation, est le phénomène le plus considérable de l'histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours... » Renaud Camus

Interview de Renaud Camus pour "Info Bordeaux"

Tribune de Renaud Camus

« Nicolas Gauthier a raison, les déclarations de Roger Cukierman sont à marquer d’une pierre blanche.

D’abord : Marine Le Pen est « personnellement irréprochable » – c’est bien pourquoi j’ai appelé à voter pour elle il y a trois ans, ce qu’on m’a beaucoup reproché et qu’on me reproche encore, et qui m’a coûté très cher.

Deuxièmement : « Toutes les violences antisémites sont commises par de jeunes musulmans » – pour ma part je n’aurais peut-être pas dit toutes, par précaution oratoire, mais enfin c’est (presque) tout à fait vrai. Si les juifs n’avaient à craindre que les fas, en tout cas, ils pourraient se reposer en Europe pour mille ans. En revanche, ils devraient commencer à se méfier des antifas, semblerait-il. C’est un des aspects de la grande redistribution de cartes qui s’esquisse et que, dans l’ensemble, je trouve hautement réjouissante.

Il y a quinze ans (quelques-uns des lecteurs de Boulevard Voltaire s’en souviennent peut-être), j’ai été pris dans une sale affaire. J’avais écrit qu’une émission de France Culture – et non pas du tout France Culture soi-même, comme le répètent depuis lors des palanquées de journalistes qui, s’ils n’apprenaient plus qu’une chose dans leurs écoles (et on n’en est pas loin), apprendraient et répéteraient encore cela – prenait un tour nettement communautaire, alors qu’elle était censément généraliste (le « Panorama »). Ce n’était certes pas bien grave, c’était même plutôt comique, mais ce qui était déplaisant, si c’était vrai, c’était qu’on ne pût pas le dire (ce qui fut amplement prouvé… ). Or j’ai toujours pensé que la tâche d’un écrivain est de se porter toujours au non-dit d’une époque et d’une société, d’énoncer ce qu’elles ne veulent pas entendre. Et ce qui me semblait me permettre de formuler cette petite vérité-là, cette vérité de rien du tout sur le « Panorama » de France Culture, et sur le minuscule abus qui s’y donnait cours, c’est que j’étais, croyais-je, radicalement insoupçonnable d’antisémitisme.

Pour me juger antisémite, il fallait remplir une condition essentielle : ne m’avoir pas lu. Or, cette condition-là, les neuf dixièmes des Français et davantage la remplissaient les doigts dans le nez. D’où affreux scandale, retentissant tumulte, mois de campagne assassine, menée notamment par Le Monde. Tout cela dans le plus complet malentendu – très contrairement à la situation actuelle, entre parenthèses, où je suis toujours aussi mal vu des médias, mais sans qu’il y ait cette fois le moindre malentendu (sinon, tout dernièrement, et par la faute de la famille Le Pen, sur cette histoire de complotisme, qui ne repose sur rien sinon sur la non-lecture, comme d’habitude). N’empêche : qu’on imagine ma joie lorsque, dix ou douze ans après cet épisode fâcheux (l’« affaire Camus »), invité à faire une conférence devant France-Israël je vis, à la fin, toute sorte de jolies vieilles dames aux cheveux bleus se précipiter dans mes bras et m’assurer qu’elles m’aimaient, que ma voix leur était précieuse, et force autres choses gentilles que je ne puis rapporter ici, crainte d’une intervention de Sylvia Bourdon pour immodestie caractérisée.

Si je me permets de raconter cette petite histoire personnelle, c’est que le grand retournement qu’on y voit s’opérer à ma petite échelle, il est en train de s’accomplir à l’échelle de la France. Il y avait certes des indices, depuis longtemps – des indices auxquels on pourrait donner des noms : Alain Finkielkraut, Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, bien d’autres encore. Mais la petite phrase de Roger Cukierman est la pichenette qui consacre le renversement. Entre les patriotes et les juifs, il n’y a plus de malentendu (et cela d’autant moins qu’on peut fort bien être l’un et l’autre, Marc Bloch ou Nissim de Camondo m’en soient témoins). Nous sommes coude à coude dans le même combat, pour la décolonisation de la patrie.

François Hollande appelle à lutter contre l’antisémitisme : c’est réclamer la remigration – il ne l’a pas encore compris…

Source: Boulevard Voltaire