Marion Maréchal-Le Pen valide la théorie du «grand remplacement»

« Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que seule rend possible la grande déculturation, est le phénomène le plus considérable de l'histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours... » Renaud Camus

Marion Le Pen MPI

Marion Maréchal-Le Pen valide la théorie du «grand remplacement»

LE SCAN POLITIQUE – Sur BFM-TV, ce mardi, la nièce de Marine Le Pen a repris à son compte cette crainte de voir disparaître «les Français de souche», pourtant récusée par la présidente du FN.

«Le concept de grand remplacement suppose un plan établi. Je ne participe pas de cette vision complotiste», avait tranché dans le JDD Marine Le Pen, le 2 novembre dernier. Une position claire mais contestée par l’extrême droite identitaire et par une certaine frange de son parti. Nouvel exemple ce matin avec la députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, invitée de Jean-Jacques Bourdin, et qui valide la pertinence de cette théorie.

Interrogée sur ses craintes de «voir disparaître le peuple français», Marion Maréchal-le Pen se positionne sans ambiguïtés. «Il y a aujourd’hui un effet de substitution sur certaines parties du territoire de ce qu’on appelle les Français de souche par une population nouvellement immigrée». Une ligne également défendue par Jean-Marie Le Pen depuis mai 2014. «Cette immigration massive risque de produire un véritable remplacement des populations», avait-il prédit lors d’un discours à Marseille.

Malgré la réserve affichée par sa tante sur le sujet, Marion Maréchal-Le Pen affirme donc son aisance à manier ce concept introduit en 2010 par l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus, et largement promue par les milieux identitaires. «Je suis très à l’aise avec ça parce que je crois profondément à l’assimilation. Je n’ai pas une approche racialiste du peuple français. Je crois à la capacité des personnes d’origine extra-européenne ou européenne d’ailleurs de participer totalement à la cohésion nationale. Encore faut-il s’en donner les moyens et il est sûr que la concentration de population d’origine immigrée sur les territoires ne participe pas à cette assimilation mais au contraire favorise le communautarisme», assure la benjamine de l’Assemblée.

Une analyse «racialiste», selon Philippot

Cette vision illustre l’interprétation frontiste de la théorie du grand remplacement, défendue en interne par la droite du parti. Tout en rejetant la dimension «complotiste», selon laquelle il y aurait une démarche délibérée et organisée de substitution des peuples, la frange la plus conservatrice du FN juge le «grand remplacement» comme un phénomène démographique factuel.

Dans un discours à Arras de mars 2014, Jean-Marie Le Pen détaillait son analyse, dénonçant «l’utopie d’un monde égalitaire… Mais où tout de même, il y aurait des gens plus ou moins égaux… Sans différence de race… Mais il y en aurait quand même qui auraient le droit de se maintenir dans leur intégrité tandis que d’autres seraient vivement engagés à se métisser». Dans le JDD du 3 novembre dernier, Florian Philippot, vice-président du FN, dénonçait pour sa part la théorie du grand remplacement au motif qu’elle véhicule «une conception racialiste que nous ne partageons pas».

Souvent rangée aux cotés de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen multiplie ces derniers mois les prises de positions divergentes de celles de sa tante. Elle s’est récemment opposée à l’arrivée au FN de Sébastien Chenu, fondateur de Gaylib, et a manifesté un soutien public à Aymeric Chauprade, ancien conseiller aux affaires étrangères évincée par la présidente du FN. Marine Le Pen a livré son analyse au sujet des prises de position répétées de sa nièce dans un courrier interne du 21 janvier. Elle y estime que la députée du Vaucluse serait instrumentalisée par un courant «identitaire» qui tenterait d’infléchir la ligne du FN en misant sur des conflits de personnes.

Source: Le Figaro