Le nouveau livre de Houellebecq et le Grand Remplacement

« Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que seule rend possible la grande déculturation, est le phénomène le plus considérable de l'histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours... » Renaud Camus

Michel Houellebecq

Le nouveau livre de Houellebecq et le Grand Remplacement

Le Nouvel Obs critique le futur livre de Michel Houellebecq et se moque du Grand Remplacement:

« Michel Houellebecq a donc encore trouvé le moyen de faire causer devant la machine à café. Quatre ans après avoir décroché le Goncourt, il publiera le 7 janvier prochain un roman qui s’appelle «Soumission» (Flammarion). Ce n’est pas pour concurrencer «Cinquante nuances de Grey» sur le terrain de la romance SM. C’est pour raconter l’arrivée au pouvoir, en France, en 2022, du parti de «la Fraternité musulmane».

Le scénario général est assez simple. Le second mandat de François Hollande s’achève. Les«Indigènes européens», qui naturellement«refusent la colonisation musulmane» et invitent à «préparer la guerre civile», ont pris le relais d’un «Bloc identitaire divisé en multiples fractions qui se comprenaient et s’entendaient mal». C’est la fête.

Là-dessus, élections présidentielles : comme le PS, l’UMP et l’UDI aident Mohammed Ben Abbes (Fraternité musulmane) à l’emporter contre Marine Le Pen (Front National), celui-ci nomme Bayrou premier ministre. Et nous voilà avec un héros qui, lui aussi, s’appelle François. Il pratique les amours tarifées, est spécialiste de Huysmans à «l’Université islamique de Paris-Sorbonne», et se demande s’il doit ou non se convertir à l’islam. Se convertira? Se convertira pas? C’est le fil rouge du livre.

A peu près personne ne l’a lu pour l’instant, mais de la part d’un écrivain qui s’était hasardé, en 2001, à considérer que «la religion la plus con du monde, c’est quand même l’islam», chacun se doute qu’il ne s’agira pas vraiment d’une riante utopie fédératrice célébrant les joies du vivre-ensemble. Et que tout cela nous entraîne bien loin du Barack Obama d’origine kabyle imaginé, début 2011, par le jeune Sabri Louatah dans «les Sauvages» (Flammarion). «Soumission», nous explique d’ailleurs généreusement l’AFP en boucle, est une traduction du mot «Islam», puisque celui-ci signifie allégeance (à Dieu).

Mais Houellebecq est surtout un romancier qui aime bien jouer avec les fantasmes de ses contemporains. Cette fois, après un automne où la xénophobie à visage zemmourien n’a épargné personne, il semble creuser le sillon. La vitesse avec laquelle tout le monde copie-colle le résumé de son roman l’indique. Il n’est pourtant ni le premier, ni sans doute le dernier à se livrer à ce genre de politique-fiction.

[…]

Extension du domaine de la charia ? C’est à se demander si le fameux Grand Remplacement, théorisé à coups d’arguments fumeux par Renaud Camus, n’est pas en passe de devenir le nouveau gimmick littéraire de nos romanciers. Pourquoi pas, après tout. Au point où nous en sommes, le sujet est sans doute désormais trop grave pour être laissé aux mains des idéologues de la France bleue marine. »

Source: Le Nouvel Observateur