Bompard menacé de sanctions pour avoir évoqué le «grand remplacement» à l’Assemblée

« Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que seule rend possible la grande déculturation, est le phénomène le plus considérable de l'histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours... » Renaud Camus

Bompard

Bompard menacé de sanctions pour avoir évoqué le «grand remplacement» à l’Assemblée

« LE SCAN POLITIQUE /VIDÉO- Le député-maire d’extrême droite, qui a estimé dans l’hémicycle que l’État «encourage l’islamisation de notre société», a suscité la colère des parlementaires socialistes.

«La France est au point de rupture». Député Ligue du Sud non inscrit, Jacques Bompard prend soin de soigner ses effets à l’occasion de ses rares prises de parole lors des questions au gouvernement. Mercredi après-midi, lors de son intervention, le maire d’Orange (Vaucluse) à évoqué «une rupture spirituelle, identitaire, économique, sociale, migratoire». «Une rupture que l’on désigne comme insécurité culturelle, dictature du prêt à penser, grand remplacement, crise de la France périphérique, dissolution civilisationnelle», a-t-il poursuivi, assurant que «l’État encourage l’islamisation de notre société». «Il va sans dire que la Mecque n’est ni voisine d’Aix-La-Chapelle ni à côté de Reims» a insisté l’élu proche des milieux identitaires, pour désigner la menace que fait peser à ses yeux l’Islam sur la France.

Le député-maire, qui entendait réclamer «un moratoire sur la construction du mosquées», a suscité l’indignation des socialistes. A commencer par Manuel Valls, qui lui a opposé une réponse cinglante.«Il est fini le temps où l’on courbe l’échine ou l’on accepte cette doctrine, la théorie du grand remplacement, la théorie sur l’immigration qui est en train de tout envahir», s’est insurgé le premier ministre. «Des mots qui sont prononcés par l’extrême droite mais qui sont aussi prononcés aussi par des leaders de la droite courant derrière le Front national», a-t-il poursuivi.

Dans la foulée, le président du groupe PS à l’Assemblée Bruno Le Roux a réclamé des sanctions rapporte le Lab, une information confirmée au Scan. Le groupe socialiste entend argumenter sur le fait que les propos de Jacques Bompard insultent une partie des citoyens et «sortent du cadre normal de la discussion parlementaire». «Je revendique chaque mot de que j’ai dit», maintient l’ancien frontiste contacté par le Scan, jugeant que Manuel Valls a extrapolé son propos. Le député Ligue du Sud estime que la volonté du PS de lui «interdire la parole», renvoie aux fameuses «heures les plus sombres de notre histoire». «Quel mépris pour la fonction élective, quelle vision de la démocratie!», s’indigne-t-il.

Des sanctions rares et symbolique

Cette polémique intervient après que le socialiste Luc Carvounas a annoncé avoir déposé au début du mois plusieurs amendements pour renforcer les sanctions visant des élus ayant tenu des «propos discriminants». «Je considère que dans le contexte général ambiant, illustré dernièrement par les propos de Nadine Morano, le politique a un devoir d’exemplarité», avait alors expliqué le sénateur. «Cela soulève aussi la question – même si je ne l’évoque pas dans cette loi-là- de l’immunité parlemenaire qui apparaît comme de l’impunité parlementaire», avait ajouté le socialiste. Si les poursuites pénales sont impossibles contre un député pour des propos tenus dans le cadre de l’Assemblée en raison de leur immunité, la conférence des présidents peut être saisie et invitée à prononcer des peines symboliques telles que des blâmes, des avertissements, parfois des sanctions financières.

Ces sanctions sont prévues au règlement du Palais Bourbon, même si elles sont rarement appliquées. Au début de la législature actuelle, le député Julien Aubert a par exemple subi une retenue de 1378 euros sur son indemnité pour avoir persisté à appeler la présidente de Séance «madame le président». Avant lui, en décembre 2009, l’écologiste Noël Mamère avait écopé d’une sanction similaire pour avoir adressé un bras d’honneur à la droite qui l’avait traité de «voyou». »

Source: Le Figaro